Compréhension de la lecture et stratégies métacognitives

Stratégies métacognitives nécessaires à une bonne compréhension de la lecture.

7e cause des difficultés de compréhension de la lecture : le manque de contrôle du processus de compréhension de la lecture.

L’une des principales causes des difficultés de compréhension de la lecture est le mauvais contrôle et la mauvaise direction du processus de lecture effectué par les lecteurs, c’est-à-dire le manque d’application des stratégies métacognitives, avant, pendant et après la lecture.

La métacognition est la connaissance et le contrôle de sa propre activité cognitive et a deux fonctions :
1- Avoir conscience des processus, des compétences et des stratégies nécessaires à la réalisation d’une activité.
2- Pouvoir guider, revoir, évaluer et contrôler l’activité cognitive, c’est-à-dire mettre en œuvre les stratégies, les processus et les compétences nécessaires.

En de nombreuses occasions, le problème est que les enfants ne connaissent pas les stratégies à appliquer dans la compréhension de la lecture, ils ne savent pas quand ou comment les mettre en œuvre ou ils ne sont pas conscients qu’ils ne comprennent pas l’information qu’ils lisent, ils ne cherchent donc pas de stratégies pour les aider à comprendre cette information.

Parmi les stratégies métacognitives conçues comme fondamentales pour la compréhension de la lecture, on trouve les stratégies de guidage, les stratégies de vérification et les stratégies d’auto-évaluation.

Pour résumer, nous proposons l’utilisation de trois règles de base ou macro-règles pour extraire ou résumer le sens global d’un texte ou d’une macrostructure, proposées par Kintsch et Van Dijk, 1978).

1º Omission ou suppression d’informations non pertinentes ou secondaires.

Exemple:

« Le mardi après-midi, alors que ma mère n’était pas encore arrivée, nous sommes allés jouer dans le parc à côté de notre maison. D’abord Carlos est arrivé, puis Sara et ensuite tous les autres sont arrivés. Lorsque tout le groupe était là, nous avons formé des équipes et commencé à jouer au football, mais avant que nous ayons marqué le premier but, il a commencé à pleuvoir abondamment et nous avons dû nous abriter sous le pigeonnier du parc. Comme il n’arrêtait pas de pleuvoir, nous avons décidé de rentrer à la maison, tout le monde a couru à la maison. Nous sommes tous arrivés à la maison ruisselants, alors aujourd’hui presque personne n’est venu en classe parce que presque tout le monde a un rhume. »

Il peut être transformé en:
 » Les enfants sont allés jouer dans le parc, il a commencé à pleuvoir et tout le monde est rentré chez lui. Le lendemain, ils ne sont pas allés en classe parce qu’ils avaient un rhume. »

2º Sélection des concepts clés ou des informations principales.

Exemple:

« Les abeilles sont des insectes sociaux car elles vivent en colonies ou en groupes. Dans chaque ruche vivent des abeilles ouvrières, des faux-bourdons et la reine des abeilles. Les abeilles ouvrières sont chargées de trouver et d’apporter le pollen à la ruche pour fabriquer du miel. Pour ce faire, les abeilles disposent d’un système de communication basé sur les mouvements. Ainsi, une abeille qui trouve du miel retourne à la ruche et, par une danse, indique aux autres abeilles ouvrières où se trouve le miel et quelle en est la quantité. Pour les convaincre d’y aller, elle leur apporte un peu du pollen qu’elle a trouvé, car s’ils goûtent à cette friandise, ils sont tous encouragés à la rechercher. »

Il deviendrait :
« Les abeilles vivent en groupes d’ouvrières, de faux-bourdons et de la reine des abeilles. Les abeilles ouvrières butinent le pollen et fabriquent du miel. Lorsqu’elles trouvent du pollen, elles préviennent leurs compagnons par des mouvements. »

3º Généralisation de l’information ou résumé, qui consiste à inclure les informations de plusieurs phrases dans une seule phrase.

Exemple:

« Lorsque tu m’as invité chez toi, ta mère m’a offert une grande délicatesse. Nous avons mangé des crevettes grillées, des palourdes en sauce, des calamars frits et de la truite au jambon. Elle a aussi ouvert l’une des meilleures bouteilles de vin que j’avais à la maison. Je n’oublierai jamais cette réception car je n’avais jamais été aussi bien traité. »

Il deviendrait :
« Quand je suis allé chez vous, j’ai mangé des fruits de mer et du poisson, j’ai bu du vin et j’ai été très bien traité. »

Implications pédagogiques

Enseigner aux enfants les stratégies de compréhension existantes et les aider à les mettre en œuvre.

Par exemple : revenir en arrière et relire un paragraphe quand on se rend compte qu’on n’en a pas compris le sens global, découvrir des incohérences ou des lacunes dans les textes, ralentir pour un passage difficile, essayer de découvrir le sens d’un mot particulier en utilisant le contexte avant de chercher le sens par des moyens externes, repérer les idées principales, faire des déductions, répondre et poser des questions pendant la lecture, résumer des informations ou paraphraser un texte.

Il est nécessaire d’expliciter les opérations impliquées dans la lecture afin que les élèves prennent conscience des exigences de la lecture et des compétences cognitives et métacognitives impliquées dans son exécution et qu’ils puissent les appliquer consciemment pour comprendre un texte, dans le but que l’élève s’efforce de construire activement du sens.

Par exemple pour la formation sur le schéma de l’histoire, Short et Ryan, 1984, ont proposé aux enseignants de demander aux élèves pendant leur lecture de se poser les questions suivantes :

– Qui est le personnage principal ?
– Où et quand se déroule l’histoire ?
– Qu’a fait le personnage principal ?
– Comment se termine l’histoire ?
– Que ressent le personnage principal ?

Le but n’était pas de les amener à répondre correctement à ces questions une fois qu’ils avaient fini de lire, mais de les encourager à effectuer ce genre de stratégies pendant qu’ils lisaient.

Pour généraliser les stratégies de lecture, au-delà du contexte de formation, il serait nécessaire de combiner dans l’intervention éducative des procédures d’entraînement à l’autocontrôle avec des informations explicites et directes sur les stratégies.
Pour ce faire, il est nécessaire d’inclure des informations, à la fois procédurales et déclaratives, sur toute stratégie utilisée, c’est-à-dire : Quoi ? Comment, quand, où et pourquoi.

Retour à l’article principal sur les causes des difficultés en compréhension de l’écrit.

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