Des milliers de personnes font revivre à l’Hospital de Órbigo l’exploit de Suero de Quiñones il y a 583 ans pour honorer sa bien-aimée

Il y a 583 ans, le chevalier léonais Suero de Quiñones demandait au roi Juan II de Castille d’accomplir un vœu d’amour fait à Doña Leonor de Tovar, en portant chaque jeudi un anneau de fer dont il serait libéré s’il concluait vivant un passage d’armes – combat individuel à cheval – puis effectuait un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Le roi accepte et lui accorde de s’installer comme mainteneur du passage de la rivière à Hospital de Órbigo, une ville qui depuis 21 ans recrée l’exploit dans un spectacle qui rassemble des milliers de personnes.

La représentation des soi-disant Justas del Passo Honroso culmine un programme d’activités qui – avec des défilés, un marché et des propositions pour tous les publics – pendant deux jours rendent à l’Hospital de Órbigo l’intensité avec laquelle en 1434 a vécu ce défi que Don Suero a soulevé par lequel tout chevalier qui voulait traverser le pont de l’Hospital – très fréquenté en raison de son emplacement sur le Camino de Santiago entre León et Astorga – devait faire face à lui ou à ses compagnons comme mainteneurs.

Ce qui était alors une prouesse de légende, que Cervantès mentionne dans Don Quichotte, est aujourd’hui un festival qui, l’année prochaine, fêtera ses deux décennies depuis qu’il a été déclaré d’intérêt touristique régional, et qui rassemble un nombre croissant de spectateurs de diverses provinces.

Une célébration qui, cette année, avait pour mainteneur le lieutenant-colonel chef du Commandement de Léon, Julio Andres Gutierrez, représentant le Benemérita, qui a  » cassé  » trois lances lors de la cérémonie de réception qui s’est tenue dans la salle plénière du Conseil municipal et imitant l’acte de Don Suero de Quiñones a intercédé pour la non-violence dans l’amour, pour la solidarité avec le peuple britannique après le double attentat de ce samedi à Londres, et en faveur de l’Hôpital de Órbigo et du Passo Honroso.

Précisément, cette édition a compté pour la première fois avec la présence de l’Escadron de Cavalerie de la Garde Civile, en renfort dans le travail de surveillance de l’événement.

Le défi

Après la délibération du Roi de Castille conclue avec l’autorisation de la Joute, ceux qui voulaient passer le pont sans combattre étaient obligés de déposer leur éperon droit en signe de lâcheté et de traverser à gué la rivière sans franchir le pas historique. Ceux qui, au contraire, acceptaient la confrontation devaient annoncer leur nom et leur origine et venir habillés et armés pour l’occasion.

Un règlement chevaleresque, comportant 22 chapitres, régissait le déroulement de l’exploit qui proposait de briser jusqu’à 300 lances empêchant le passage de ceux qui entendaient traverser le pont. Ce nombre n’a pas été atteint, mais l’histoire rapporte qu’il s’agissait de l’une des passes d’armes les plus renommées d’Espagne et d’Europe. Don Suero et ses neuf compagnons ont mesuré leur force contre 68 chevaliers, dont le premier était un cavalier allemand. Après la compétition, dont il est sorti blessé et victorieux, peu après il a fait le pèlerinage à Compostelle, à son retour il a épousé sa bien-aimée, avec qui il a eu deux enfants.

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