Efficacité du mycophénolate associé au méthotrexate comme traitement d’entretien de la pneumopathie interstitielle associée à la sclérose systémique | Archivos de Bronconeumología

Nous avons lu avec grand intérêt l’article récemment publié par Espinosa et al.1 sur l’efficacité du cyclophosphamide (CPM) comme traitement d’entretien de la pneumopathie interstitielle (PI) associée à la sclérose systémique (SS). Cet article démontre l’efficacité du CPM pour contrôler l’évolution du déclin de la fonction pulmonaire présent chez ces patients avec des traitements de plus de 12 mois. Actuellement, la CPM est un puissant immunosuppresseur et est considérée comme un traitement de première ligne dans les ILD associées à la sclérose systémique.2 Néanmoins, la CPM présente une liste considérable d’effets indésirables, parmi lesquels il faut souligner les infections, en raison de leur fréquence, et la cystite hémorragique et l’infertilité, en raison de leur gravité. Ce dernier effet est l’un des plus importants, car la SS touche principalement les femmes en âge de procréer. Cependant, le mycophénolate mofétil (MMF), un excellent immunosuppresseur dont le profil d’effets indésirables est meilleur que celui de la CPM, s’est révélé efficace dans les ILD associées au SS.3,4 Le méthotrexate (MTX) est un médicament utile dans les manifestations cutanées et articulaires des maladies auto-immunes et c’est une arme à double tranchant dans les pneumopathies interstitielles associées à ce groupe de pathologies : d’une part, il a démontré son efficacité comme traitement d’entretien, mais d’autre part, il existe une association dose-dépendante bien décrite entre l’utilisation du MTX et la toxicité pulmonaire.

Nous souhaitons faire part de notre expérience avec 5 patients atteints d’une ILD associée au SS qui ont reçu un traitement initial avec des bolus de CPM intraveineux à une dose de 750mg par mois pendant les 6 premiers mois, suivi d’un régime trimestriel avec une durée moyenne de traitement de 19,2±6,6 mois. Au début du traitement par CPM, la capacité vitale forcée (CVF) était inférieure à 70 % chez 4 des 5 patients et la capacité de diffusion du monoxyde de carbone (DLCO) était sévèrement déprimée, avec des moyennes de 59,8 %±10,7 % et 31,8 %±12,3 %, respectivement. Après un an de traitement par CPM, la différence moyenne de CVF et de DLCO était de 1,8±6,9 et 6,6±2,7, respectivement. Bien que la CPM ait stabilisé la fonction pulmonaire de ces patients, la progression clinique ou la présence de manifestations cutanées et articulaires nous a conduits à modifier le régime de traitement, en substituant la CPM au MMF associé à une dose comprise entre 1,5 et 2,5g/jour et au MTX à une dose hebdomadaire unique comprise entre 5 et 10mg, par voie orale. Après un an de traitement, la différence moyenne de CVF était de 3,2%±4,6%, tandis que la différence moyenne de DLCO était de 2,2%±3,9%. Contrairement à la monothérapie par CPM, les patients ont présenté une amélioration clinique des manifestations cutanées et articulaires. Aucun des patients n’a présenté d’effets indésirables sévères nécessitant la suspension du traitement.

En conséquence, l’association du MMF à pleine dose et du MTX à faible dose a permis de stabiliser la détérioration de la fonction respiratoire avec une efficacité similaire à celle des bolus de CPM, en plus d’améliorer les symptômes extrapulmonaires de ces patients avec un bon profil de tolérance et de sécurité.

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