Pierre Mendès-France

Homme politique français (Paris, 1907-1982). Cet économiste et avocat d’une grande précocité fut député radical-socialiste dès l’âge de vingt-cinq ans. À trente et un ans, il entre dans le gouvernement de Léon Blum comme sous-secrétaire au Trésor (1938). Pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-45), il est arrêté et emprisonné par le régime collaborationniste de Vichy (1940), mais il parvient à s’échapper et à rejoindre les forces de la « France libre » dirigées par le général de Gaulle en Angleterre (1941). Depuis, il a combattu l’Allemagne nazie en tant qu’aviateur.


Pierre Mendès-France

Après la libération de la France, De Gaulle le nomme ministre de l’Économie dans le premier gouvernement provisoire (1944-45), poste dont il démissionne en raison de divergences avec ses collègues du cabinet. Il reste député de sa circonscription de l’Eure, mais reste en marge des combinaisons gouvernementales changeantes de la Quatrième République jusqu’à ce que, en 1954-55, il soit appelé à présider le gouvernement, suite à la défaite française en Indochine (bataille de Dien Bien Phu).

Pierre Mendès-France a gouverné avec un style nouveau et plein d’honnêteté, affrontant les problèmes ouvertement, s’adressant directement à l’opinion publique et choisissant ses collaborateurs pour leur valeur personnelle avant les intérêts du parti. Il obtient ses plus grands succès avec la décolonisation de l’Indochine et la préparation de l’indépendance de la Tunisie ; mais sa politique est moins claire dans le cas de l’Algérie, où vit une importante minorité française (son ministre de l’intérieur, François Mitterrand, est chargé de diriger la répression des rebelles nationalistes). Son refus du projet de création d’une Communauté européenne de défense a également été très discuté.

Après avoir été écarté du gouvernement, il continue à diriger une alliance de centre-gauche qui triomphe aux élections de 1956 ; la même année, il occupe brièvement le poste de ministre d’État, mais démissionne lorsque son point de vue favorable à la négociation avec les indépendantistes algériens n’est pas accepté. Pierre Mendès-France a dénoncé sans équivoque le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958 comme étant le résultat d’un coup d’État ; et il était un objet d’admiration et de respect parmi les rebelles de mai 1968. Mais son prestige et son autorité morale ne se traduisant pas par des succès électoraux tangibles, il se retire de la politique active en 1973, laissant la direction de la gauche aux mains de Mitterrand.

Comment citer cet article :
Ruiza, M., Fernández, T. et Tamaro, E. (2004) . Dans Biographies et Vies. L’encyclopédie biographique en ligne. Barcelone (Espagne). Récupéré de .

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *