Soins primaires, télévision et éducation à la santé

Directeurs : Chaque jour, les professionnels de la santé sont spectateurs des informations biaisées et confuses transmises par les médias, ce qui dessert ceux qui, depuis leur cabinet, tentent de promouvoir l’éducation à la santé au sens strict.

Quand on veut connaître ou étudier les facteurs de risque de telle ou telle maladie chronique, les taux d’incidence, les coûts-bénéfices de l’application de telle ou telle mesure de santé, utiliser les programmes de prévention, le PAPPS1, etc…, on a parfois le sentiment de rester à mi-chemin, d’épuiser les efforts et sans voir de résultats, même à long terme.

Télévision2 jouit dans notre environnement d’une grande acceptation et d’un dévouement familial, sans respect pour le contenu, les horaires ou l’âge du public, avec un répertoire d’émissions au contenu sensationnaliste, où tout est permis, sans ménagement des moyens, et qui s’étendent, sans doute, aux questions liées à la santé.

Faire des émissions de télévision sur la prévention primaire ne profite à personne économiquement, n’arrête pas les dividendes promouvoir l’exercice physique, et l’idée qui est transmise est d’avoir une belle silhouette : qui se soucie de la santé ? Et pour cela, il existe toute une série de gadgets que vous pouvez acheter depuis chez vous grâce à « Teletienda ». C’est la même chose pour l’arrêt du tabac – quel intérêt commercial cela représente-t-il pour qui que ce soit ? C’est du ressort de l’infirmière ou du médecin de famille.

Il est plus rentable de faire des programmes médicaux sensationnalistes, où le slogan « la prévention est des fous, la guérison est sage ».

Si cela ne suffisait pas, nous assistons chaque jour à la publicité télévisée de diverses spécialités pharmaceutiques, certaines connues du téléspectateur et d’autres moins connues, pas même par la classe médicale, mais certainement toutes avec des indications précises et aussi avec certains effets secondaires dont je doute fort qu’ils parviennent à transmettre.

Je suis d’accord avec Mintegi3 lorsqu’il parle d’automédication responsable, qui doit être correctement dirigée, mais pas du tout à partir des maisons commerciales ou des pharmacies, où les intérêts économiques priment sur l’éducation sanitaire en matière d’automédication. Bien sûr, la télévision n’est pas aussi perverse et laisse son âme commerciale de côté pour avertir de manière presque subliminale, dans des rafales de secondes qui parviennent à peine à accrocher le téléspectateur :

Cette publicité est un médicament.

Lisez attentivement le mode d’emploi.

En cas de doute, consultez votre pharmacien.

Avec ces messages est cru garanti le bon usage du médicament annoncé.

Sans chercher à prendre une position alarmiste sur l’éducation sanitaire en matière d’automédication, il serait plus souhaitable clair que l’intention de vente ne sera pas si importante de modifier les trois avertissements comme suit :

1. Si vous pensez avoir besoin de ce médicament, n’hésitez pas à consulter votre médecin traitant.

2. N’oubliez pas que chaque médicament a des effets secondaires et des contre-indications.

3. Votre médecin de famille est celui qui connaît le mieux votre santé.

Ce type de messages télévisés, loin d’informer, sèment la confusion et nuisent à une bonne qualité de la santé (objectifs numéros 13, 16 et 17 de l’OMS, 1993)4, car la vie actuelle est trop médicalisée, où l’on cherche la médecine pour tout problème.

Peut-être que le problème sous-jacent réside dans le manque d’information de l’individu, en tant que facteur prédisposant à un tel comportement, et c’est le point de départ à partir duquel il faut faire travailler les professionnels des soins primaires (modèle PRECEDE de L.W. Green)5.

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